Surf expression

Publié le par Joldtime

" Pour les Grecs, la langue circule entre les dieux et les hommes comme l'air ..."

Clarisse Herrenschmidt

Une philosophie en creux !

En langue hawaïenne, le terme surf  désigne aussi bien le surgissement d'une vague que le liquide amniotique qui protège le nouveau né. Bref, ces connotations renvoient à des idées de protection et de saisissement par ce qui advient, c'est dire la nécessité de comprendre l'intérêt du creux de la vague. En effet cette première condition est nécessaire pour aller de l'avant, être suffisamment patient et humble pour recevoir au bon moment l'énergie nécessaire pour avancer. Enfin une fois la vague chevauchée, tous les coups sont permis par la mer capricieuse : tomber, recevoir la planche sur la tête, descendre dans les fonds marins avec le risque de ne pas remonter ... Ainsi le plaisir de la glisse se paye du risque d'être submergé par ce même plaisir ! Comme l'artiste le surfeur est aspiré par l'énergie et par intermittence, il chevauche les vagues entre deux activités, il doit en effet participer à minima à la vie civique pour ses besoins premiers, mais il se ressource dans et avec les vagues.

Danser avec les éléments ...

Comme le dauphin son animal fétiche, il est joueur  et son style vise l'élégance d'une danse avec les éléments et avec le mouvement de la vie. Il doit percevoir de façon minimale le moindre mouvement naissant de la bonne vague afin de mieux en épouser les contours. Il n'est pas "comme maître et possesseur de la nature", il cherche à ne faire qu'un avec elle !

Gilles Deleuze : l'onde philosophique

 C'est à dire qu'il ne l'affronte pas de face, mais il travaille plus dans la propension des évenements naturels afin de les épouser et d'accompagner ainsi les contours de la vague pour en tirer toute sa puissance de vie et de surgissement inédit ! Pour cela le surfeur doit acquérir des qualités de légéreté, il ne doit pas forcer les choses, il n'est pas autonome, mais interdépendant du mouvement naturel de la vague, bref de l'énergie universelle. Ainsi pour le philosophe  Gilles Deleuze les sports de glisse sont une philosophie, où l'insertion ne peut se faire qu'à partir "d'une onde préexistante". A cet égard il aurait aimer à la fin de sa vie  développer ce type de pensée ou de pratique agie par le monde ! Bref, les surfeurs sont les pratiquants de l'être pour l'eau, pour le mouvement spontané, d'un corps à la souplesse aérienne !

( A lire : "Pourparlers" de Gilles Deleuze; + psychologie magazine; juin 2007).

Publié dans anthropologie

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