Enseigner : l'art de la méthode ...

Publié le par Joldtime

 

 L'insatiable curiosité intellectuelle de l'enfant


Chaque enfant est un amoureux de récit intéressant, un adorateur de héros et un patriote. Faire appel à ces qualités et à travers elles, le laisser apprendre sans qu’il en ait conscience, la partie humaine et vivante de son histoire nationale. Chaque enfant est un chercheur, un curieux, un analyste, un anatomiste sans merci. Faire appel à ces qualités et lui laisser acquérir sans qu’il en ait conscience l’état d’esprit juste et le savoir fondamental nécessaire au scientifique. Chaque enfant a une curiosité intellectuelle insatiable et un penchant pour l’enquête métaphysique. Utiliser ceci pour le conduire lentement vers une compréhension du monde et de lui-même. Tous les enfants ont le don d’imitation et une pointe de pouvoir imaginatif. Utiliser ceci pour lui donner les fondements de la faculté artistique.

 

Sri Aurobindo

 

 

La plupart des professeurs souhaitent avoir de " bons étudiants " : des étudiants studieux et attentifs qui comprennent et savent beaucoup de choses, qui peuvent poser les bonnes questions, " de bons étudiants ". Cela gâche tout .Les étudiants commencent par consulter des livres, à étudier, à apprendre. Puis, ils se fient seulement aux livres, à ce que les autres disent ou écrivent, et ils perdent contact avec la partie supra consciente que reçoit le savoir par intuition. Ce contact existe souvent chez le tout petit enfant, mais se perd au cours de son éducation.

 

 

 

 En étude, "il n'y a pas de train à prendre"



Il y a une chose que je dois souligner. N’essayez pas de suivre ce qui se fait dans les autres universités. N’essayez pas de remplir les étudiants seulement de données et d’informations.

Ne leur donnez pas une quantité de travail telle qu’ils ne puissent plus avoir du temps pour autre chose. " Il n’y a pas de train à prendre ". Laissez les étudiants comprendre ce qu’ils apprennent. Laissez les assimiler. Finir les cours ne devrait pas être votre but. Le programme devrait être présenté de telle façon que les étudiants puissent choisir les sujets qu’ils veulent étudier.

Ils devraient avoir suffisamment de temps pour leurs exercices physiques. Je ne veux pas qu’ils soient de très bons étudiants mais pâles, maigres et anémiés. Peut-être direz vous que de cette manière, ils n’auront pas suffisamment de temps pour leurs études, mais on peut y arriver en prolongeant les cours sur une plus longue période. Au lieu de terminer un cycle en 4 ans, on peut le faire en 6 ans. Cela serait plutôt mieux pour eux. Ils pourraient plus assimiler l’atmosphère d’ici et leur progrès ne serait pas juste dans une direction aux dépens de quelque chose d’autre. Ce serait un progrès circulaire dans toutes les directions.

Ce que vous devriez faire, c'est apprendre aux enfants à s’intéresser à ce qu’ils font. Ce n’est pas la même chose que d’intéresser les étudiants !



Trouver de l'intérêt dans tout ce que vous faites


Vous devez éveiller en eux le désir de savoir, de progresser. On peut trouver de l’intérêt dans n’importe quoi- balayer une pièce par exemple- si on le fait en se concentrant, afin de faire une expérience, de progresser, de devenir plus conscient. Je le dis souvent aux étudiants qui se plaignent d’avoir un mauvais professeur. Même s’ils n’aiment pas le professeur, même s’il leur dit des choses sans intérêt ou même s’il n’est pas à la hauteur, ils peuvent toujours tirer un quelconque bénéfice de leur temps en classe, apprendre quelque chose d’un grand intérêt et progresser en conscience.

 


 Travailler le silence mental !


Cela serait intéressant de formuler ou d’élaborer une nouvelle méthode d’enseignement pour les enfants, en les prenant très jeunes. C’est facile lorsqu’ils sont très jeunes ! Nous avons besoin de gens- " Oh ", nous aurions besoin de professeurs remarquables- qui tout d’abord aient une documentation suffisamment vaste de ce qui est " connu " pour pouvoir répondre à chaque question et en même temps, au moins la connaissance, sinon l’expérience- l’expérience serait mieux- de la vraie attitude intellectuelle intuitive et – naturellement la capacité serait encore préférable- mais au moins la connaissance que la véritable façon de savoir est le silence mental, un silence attentif tourné vers la Conscience la plus vraie et la capacité de recevoir ce qui vient de là. Le mieux serait qu’ils aient cette capacité, du moins faudrait-il expliquer que c’est la vraie manière -une sorte de démonstration -et que cela marche non seulement du point de vue de ce qui doit être appris dans tout le domaine du savoir, mais également dans le domaine total de ce qu’il faudrait faire : la capacité de recevoir l’indication exacte de comment le faire ; et à mesure que l’on avance, cela devient une perception très claire de ce qui doit être fait, une indication précise du moment où cela doit être fait.

Au moins, les enfants aussitôt qu’ils ont la capacité de penser – cela commence à l’âge de 7 ans, mais environ à 14 ou 15 ans c’est très clair- les enfants devraient recevoir de petites indications à l’âge de 7 ans, une explication complète à 14 de comment le faire et que c’est la seule manière d’entrer en relation avec la vérité la plus profonde des choses, et que tout le reste n’est plus ou moins qu’une maladroite approximation mentale de quelque chose qui peut être su directement.

 

Quand on prend les enfants très jeunes, c’est merveilleux. Il y a si peu à faire : il est suffisant d’être.

A l'instar de Spinoza : "toujours comprendre"


Ne jamais faire d’erreur. Ne jamais perdre son sang froid. Toujours comprendre. Et savoir et voir clairement pourquoi, il y a eu ce mouvement, pourquoi, il y a eu cette impulsion, quelle est la constitution intérieure de l’enfant, quelle est la chose à renforcer et à favoriser- c’est la seule chose à faire ; et les laisser, les laisser libre de s’épanouir : leur donner simplement l’occasion de toucher beaucoup de choses, de faire autant de choses que possible. C’est très amusant. Et sur tout, ne pas essayer de leur imposer ce que vous pensez savoir.

Ne jamais les gronder. Toujours comprendre et si l’enfant est prêt, expliquer. S’il n’est pas prêt pour une explication -si vous êtes prêt vous-même -remplacez la fausse vibration par une vraie- Mais ceci… ceci demande des professeurs une perfection qu’ils ont rarement.

L'enfant plastique


Mais ce serait très intéressant de faire un programme pour les professeurs et le véritable programme d’étude, depuis le tout début -car l’enfant est tellement plastique et capable de recevoir des impressions profondes. Si on leur donnait quelques gouttes de vérité quand ils sont très jeunes, ils s’épanouiraient tout à fait naturellement en grandissant.

Ce serait du beau travail.

 

 Mère

 

  Sur les traces de Sri aurobindo, mais aussi de sa compagne, auteur de l'article. Visitez :

http://chanecarroz.canalblog.com

 

Publié dans sciences humaines

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