Outre Mer : la discrimination par les plantes !

Publié le par oldtime

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Les pharmacies d'Outre mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion) ne peuvent pas vendre leurs plantes médicinales locales ! En effet pour avoir le droit de les commercialiser, il faudrait que celles-ci soient  inscrites dans la bible pharmaceutique : " La pharmacopée française ". L'association pour la promotion des plantes médicales et aromatiques de Guadeloupe (APLAMEDAROM)  demanda à l'instance compétente  l'AFSSAPS  la légalisation des plantes utlisées localement .

La population locale peut-elle se soigner par ses propres plantes ?

Deux plantes furent acceptées sur près d'une centaine qui aurait  pu  l'être. (2 plantes en quatre ans).  Le principe de précaution étant l'argument suprême pour ne rien faire !  les Départements d'Outre mer (D.O.M) disposent d'un remarquable patrimoine phyto-sanitaire, il est important de le valoriser  pour le développement local, la reconnaissance  du patrimoine végétal et la non dépendance à ce sujet  envers  la métropole. La population locale peut alors sauvegarder sa santé par son propre système "écologique", d'autant plus que par exemple pour la Guadeloupe à superficie égale , elle détient  cent fois plus de plantes que la métropole. Un travail réalisé par deux cents chercheurs internationaux à débouché sur la publication en 1999  d'une "pharmacopée caribéenne". Sur cette étude de nombreux essais toxicologiques ont été faits, contrairement à la pharmacopée française ! 

Le colon a peur de l'empoisonnement !

 Pourquoi les plantes françaises d'Outre mer sont elles passées ainsi à la trappe ? Pour une simple raison historique relevant de la dialectique du maître et de l'esclave . Celui -ci connnaissant les plantes de son pays, le colon a mis en place dès 1802 au moment du rétablissement de l'esclavage, un système juridique interdisant la vente, l'administration, la distribution  de plantes locales par la population autochtone .Le colon avait trop peur de l'empoisonnement ! Pour l'AFSSAPS les deux plantes acceptées en octobre 2004, devaient passer au tamis de l'équivalent de l'AMM (autorisation de mise sur le marché) : des procédures coûteuses et lourdes pour des plantes brutes déjà reconnues. La France importe des plantes de l'étranger alors qu'elle les possède dans les DOM, l'outre mer pouvant devenir un allié économique de poids  sur ce sujet . La France a plus de 130 millions d'euro de déficit en 1998 sur l'importation de plantes médicinales C'est dans cette perspective que le 12 mars 2003, le conseil des ministres a voté un programme de réforme prévoyant "une meilleure prise en compte des plantes médicinales des DOM par la pharmacopée française " Cependant prévoir n'est pas agir. La population concernée au premier chef attend toujours les décisions positives de l'AFSSAPS pour reconquérir son patrimoine éco-salutaire !

 

Publié dans sciences humaines

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